Pourquoi les sites web créés avec l’IA se ressemblent tous ?

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Pourquoi les sites web créés avec l’IA se ressemblent tous ?

Il suffit aujourd’hui de quelques lignes de texte pour générer un site web complet. Une marque, quelques informations sur son activité, une cible, une couleur dominante et, en quelques instants, l’intelligence artificielle est capable de produire une interface cohérente, moderne et parfaitement fonctionnelle.

La prouesse est réelle, et il serait absurde de prétendre le contraire. L’IA a considérablement simplifié l’accès à la création numérique et permet désormais à des personnes qui n’ont jamais travaillé dans le développement ou le design de produire des interfaces qui auraient demandé autrefois beaucoup plus de temps et de compétences.

Pourtant, à mesure que ces outils se démocratisent, un phénomène devient de plus en plus visible : les sites générés par l’IA ont tendance à se ressembler.

On retrouve les mêmes compositions, les mêmes grandes typographies, les mêmes boutons arrondis, les mêmes dégradés, les mêmes cartes, les mêmes animations et, surtout, cette même esthétique très lisse qui donne parfois l’impression que des marques complètement différentes ont été conçues à partir du même modèle.

Ce constat pose une question intéressante : si l’IA est capable de produire un site aussi rapidement, pourquoi ces sites donnent-ils si souvent l’impression de manquer de personnalité ?

L’IA sait produire une interface, mais elle ne connaît pas votre marque

Lorsqu’on demande à une IA de concevoir un site « premium », « moderne », « minimaliste » ou « innovant », elle sait parfaitement interpréter ces mots à partir des références qu’elle a apprises. Elle va donc naturellement s’appuyer sur les codes visuels généralement associés à ces notions.

Un site premium deviendra souvent minimaliste, avec beaucoup d’espace, une typographie élégante et des images soigneusement mises en avant. Un site technologique prendra volontiers des allures futuristes, avec des fonds sombres, des dégradés et des animations. Une marque destinée à un public jeune pourra se retrouver avec de grands titres, des couleurs franches et des interactions omniprésentes.

Le résultat peut être très réussi sur le plan esthétique. Mais il n’est pas nécessairement juste.

Car une identité visuelle ne se résume pas à l’application de quelques codes graphiques considérés comme « beaux » ou « actuels ». Elle est le résultat d’une réflexion beaucoup plus globale sur ce que la marque souhaite exprimer, sur la manière dont elle souhaite être perçue et, surtout, sur ce qui doit la différencier des autres.

L’IA connaît les tendances. Elle connaît les conventions. Elle connaît les milliers de sites qui ont déjà été conçus avant elle.

Mais elle ne connaît pas, par défaut, l’histoire de votre marque, ses nuances, sa personnalité, ses références culturelles ou les choix parfois très précis qui peuvent faire toute la différence entre une identité générique et une identité véritablement singulière.

Le design ne consiste pas seulement à rendre les choses « jolies »

C’est probablement l’une des confusions les plus fréquentes autour du design aujourd’hui.

Lorsque l’on parle d’interface utilisateur, on pense souvent à la dimension esthétique : choisir une belle typographie, trouver une palette de couleurs, créer une jolie mise en page ou ajouter quelques animations.

Mais le travail de direction artistique va bien au-delà.

Il consiste notamment à déterminer comment une marque va prendre la parole visuellement sur un écran, comment son identité va se traduire dans une interface et comment chaque élément graphique va contribuer à construire une perception cohérente.

Quelle place accorder aux images ? Quelle densité donner à une page ? Où placer le vide ? Quelle typographie utiliser, et surtout, pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ? Faut-il créer une rupture dans la grille ou, au contraire, privilégier une construction extrêmement rigoureuse ? Les animations doivent-elles être discrètes ou devenir partie intégrante de l’expérience ?

Il n’existe pas de réponse universelle à ces questions.

Et c’est précisément là que se trouve le travail du designer.

Une identité ne devrait pas être la conséquence d’un prompt

On peut demander à une IA de créer un site pour un studio créatif, une marque de vêtements ou une entreprise technologique. On obtiendra rapidement quelque chose de propre et cohérent.

Mais la question essentielle n’est pas de savoir si le résultat est propre.

Elle est de savoir pourquoi il ressemble à cela.

Une bonne direction artistique repose sur une succession de choix. Certains sont évidents, d’autres beaucoup plus subtils. Parfois, il s’agit même de décider de ne pas utiliser un code graphique pourtant parfaitement adapté au secteur, simplement parce qu’il est déjà trop présent chez les concurrents.

C’est cette capacité à faire des choix, à les mettre en perspective et parfois à prendre volontairement un chemin différent qui permet à une identité de devenir reconnaissable.

Un prompt comme « crée-moi un site moderne et premium » ne peut pas contenir à lui seul toute cette réflexion.

Il décrit une intention, pas une identité.

Le danger d’une esthétique devenue universelle

Le plus intéressant avec l’arrivée massive de l’IA dans la création web n’est donc pas qu’elle produise de mauvais sites. Elle est au contraire capable d’en produire de très bons.

Le problème est plutôt qu’elle peut rendre l’esthétique générique extrêmement facile à produire.

Avant, concevoir un site demandait de nombreuses compétences : structuration, UX, UI, direction artistique, développement, intégration… Aujourd’hui, une grande partie de cette chaîne peut être automatisée ou accélérée.

C’est une évolution formidable en termes de productivité.

Mais elle crée également un paradoxe : plus il devient facile de produire une interface visuellement correcte, plus la capacité à créer quelque chose de véritablement distinctif prend de la valeur.

Lorsque tout le monde peut produire un site « propre », « moderne » et « professionnel », ces critères ne suffisent plus à différencier une marque.

La question n’est plus seulement de savoir si un site est réussi. Il faut savoir s’il est reconnaissable.

L’IA n’est pas le problème

Pour autant, il serait trop facile de conclure qu’il faudrait se passer de l’IA.

Ce serait même probablement passer à côté de son véritable intérêt.

Utilisée comme un outil au service d’une direction artistique, elle peut être extrêmement puissante. Elle permet d’explorer rapidement des pistes, de générer des variations, de tester des idées, d’accélérer certaines étapes de production ou encore de transformer une intention en prototype en beaucoup moins de temps.

La différence se situe dans la manière dont elle est utilisée.

Lorsque l’on demande à l’IA de décider de l’identité visuelle d’une marque, on lui délègue une partie essentielle du travail de conception.

Lorsque l’on définit d’abord cette identité, ses codes et ses intentions, puis que l’on utilise l’IA pour accélérer leur mise en œuvre, elle devient un formidable outil de production.

Elle ne remplace alors plus la direction artistique. Elle lui permet d’aller plus vite.

Concevoir avant de produire

C’est finalement ce qui distingue, à mes yeux, la production d’une véritable conception.

Produire une interface est aujourd’hui devenu accessible à presque tout le monde. Concevoir une expérience qui possède une véritable personnalité demande toujours de comprendre une marque, son positionnement, son public et l’image qu’elle souhaite construire.

Un site web n’est pas seulement une succession de sections, de boutons et d’animations. C’est souvent le premier contact qu’une personne aura avec une entreprise. Il participe directement à la manière dont celle-ci sera perçue.

C’est pourquoi le travail de direction artistique intervient bien avant le choix d’un composant ou d’une animation. Il consiste à donner une cohérence à l’ensemble et à faire en sorte que chaque choix graphique serve une intention.

L’IA peut générer dix interfaces en quelques secondes.

Le véritable travail consiste à savoir laquelle mérite d’exister, pourquoi elle devrait être ainsi et ce qu’elle dit de la marque qui se trouve derrière.

Chez TREIZE MARS, l’intelligence artificielle fait partie des outils que nous pouvons utiliser pour concevoir et produire plus efficacement. Mais elle reste un moyen, jamais une direction.

Parce qu’au fond, la question n’est pas de savoir si l’IA peut créer votre site.

La question est de savoir si votre site doit simplement être beau, ou s’il doit véritablement vous ressembler.

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